Flèche Vélocio 2019


Comment le train aurait-il pu ne pas arriver ou arriver en retard ? Il y avait 4 locomotives et un wagon, avec une lanterne Rouge.

Vendredi 19 avril 13h00, Place de La Fontaine à Montferrand, Philippe Durieux le président actuel et Madame, Bernard Piguet le président honoraire ainsi que Michel Harau, plus de 10 flèches Velocio à son actif, sont venus nous encourager et prendre quelques photos pour immortaliser cet instant qui doit faire l’objet d’un article dans La Montagne.
Le peloton est composé de Sergio notre capitaine, William et Marc, tous trois récidivistes de la flèche Vélocio et Jean-Claude et moi même, les deux néophytes de l’épreuve. 
Notre capitaine a fixé l’itinéraire: 429km, Clermont (63), Condrieu (69) sur les rives du Rhône au sud de Lyon, Le Pouzin (07) sur les rives du Rhône au sud de Valence, Gap (05). Conformément aux règles de la flèche, nous devons parcourir cette distance en 24 heures et arriver a Gap le peloton au complet.

Km 0 : nous partons en terrain connu, traversée de la plaine de la Limagne direction Thiers. Très rapidement, Jean-Claude me recommande de rester à l’abris pour éviter d’éventuel accident de parcours. Je ne quitterai pas l’abris jusqu’a l’arrivée ! Très bonne météo: soleil, vent du Sud Est, la température est élevée (29°C) , la moyenne l’est aussi ! 
Nous grimpons dans Thiers, sous préfecture du Puy-de-Dôme et capitale de la coutellerie, passons le creux de l’Enfer pour poursuivre dans le Forez. D’abord nous suivons le lit de la Durolle, la rivière qui entraînaient autrefois les meules des ventres jaunes (les émouleurs), puis celui de l’Anzon et du Lignon qui nous conduit jusqu’à Boën. Première pause à la terrasse d un café, nous ne sommes plus en Auvergne, mais dans sa proche banlieue, sur ses contreforts. 
La trace nous conduit ensuite sur les routes de la Loire (42) puis du Rhône (69).
Les routes sont propres neanmoins pas suffisamment pour les boyaux fragiles de William. Mais il a trouvé la parade : le “préventif” ! Substance liquide latex introduite dans les boyaux, elle se repend sur toute la paroi intérieure et assure la réparation en cas de crevaison. Mais avant que le trou ne se colmate, la vitesse de la roue aidant, le produit est projeté par le trou de la crevaison à l’extérieur du boyau, et crépit William et son vélo d’une pellicule de latex.

Km 181 : vers 20h30, nous atteignons Condrieu vignoble, planté sur la rive droite du Rhône ou nous attend Sophie la femme de William et ses 2 filles pour le dîner et une première livraison de nos bagages.
Nous quittons la table à 22h00, la température est encore douce. C’est le moment de déballer nos équipements de nuits : éclairages, vêtements fluorescents… Certains font dans la discrétion, d’autres semblent sortir d’un magasin de farces et attrapes : coiffes médiévales fluorescentes, flèches clignotantes dans le dos pour indiquer une marche arrière ou un changement de direction, baptisé le pisca-pisca par Sergio. Mais tout cela sera un feu de paille, après quelques kilomètres. Le sapin de Noël s éteindra et ne subsistera que l’essentiel.
De Condrieu à Le Pouzin (07) via Tournon, nous longeons de nuit le Rhône à un train d enfer. Dans le silence de la nuit, traversant les villes, nous sommes quelques fois interpellés par des “jeunes” aux abords des discothèques, mais cela n’est pas suffisant pour perturber le rythme effréné de notre peloton, de façon fluide nous nous écoulons rapidement vers le Sud contournant les écueils, comme le cours du Rhône.

Km 272 : nous atteignons Le Pouzin vers 3h00 du matin, c’est le moment de quitter le lit du Rhône et de mettre le cap vers l’Est. Dans cette troisième et dernière partie du voyage, nous allons rencontrer du relief dans la région de Die au pied du Vercors jusqu’au col de Cabre. Mais les principales difficultés consisteront à lutter tout d’abord contre le froid car la température descend en dessous de 2°C, et contre le sommeil qui nous prend tour à tour vers 5 heures du Matin. Nous constatons tous une fâcheuse tendance de nos vélos à rejoindre les platanes lorsque les paupières deviennent lourdes. C est le moment choisi par Sergio pour sortir son fidèle compagnon, le Xperia, Le smartphone Sony qu’il a en main quand il prend la position du suricate sur son velo et fait des prises de vue a 360°. Pour l’heure, le Xperia est utilisé comme camera, Sergio filme les candidats à la somnolence et les interroge sur leur état de fatigue afin de les maintenir en éveil et si cela n est pas suffisant le Xperia diffuse à tue-tête dans la nuit silencieuse les programmes de la radio NRJ.

À Luc en Diois, le jour se lève, il est un peu plus de 6h00 du matin. Premier bar ouvert, nous prenons un petit déjeuner et nous nous réchauffons avant de reprendre la route toujours dans le froid (2°C). Premières cimes enneigées en vue, celles du Vercors. Nous suivons la rivière Drôme. La route traverse un Chaos rocheux: le saut de la Drôme puis le col de Cabre qui sépare la vallée de la Drôme de celle du Buech côté Hautes Alpes. Il est aux environs de 9h00, il nous reste une trentaine de kilomètres à parcourir pour arriver à Gap… à 13h00. Alors nous prenons notre temps aux terrasses de cafés sur la route. Mais assis, difficile de se maintenir éveillés après cette nuit sans sommeil…

Km 423 : finalement à 13h00, nous nous plantons devant le panneau de Gap pour la photo. Épuisés mais heureux d avoir atteint l’objectif dans de si bonnes conditions météo et une si bonne ambiance au sein du groupe.
Le lendemain, reposés, nous nous rendons à Upaix, près de Sisteron sur la Durance, pour faire homologuer notre flèche auprès de Mme Hugon de l’Audax. Nous retrouvons d’autres cyclistes qui participent a la manifestation ‘Pâques en Provence’. 

Philippe Delmas


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